Réuni en Congrès à Yaoundé, le Parlement a adopté le projet de loi n° 2094/PJL/P modifiant la Constitution de 1996. Le texte est présenté comme la réforme institutionnelle la plus importante depuis 2008. Selon les nouvelles dispositions, le vice-président sera nommé et révoqué par le président de la République, pour une durée ne pouvant excéder celle du mandat présidentiel en cours. En cas de vacance de la présidence pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel, il sera chargé d’achever le mandat. Si le vice-président est lui-même empêché, ou si le poste n’est pas pourvu, une élection présidentielle devra être organisée dans un délai de 20 à 120 jours.
La réforme met fin à une architecture institutionnelle que de nombreux observateurs jugeaient précaire. Depuis la révision constitutionnelle de 1984, qui avait supprimé le poste de vice-président au profit de la fonction de Premier ministre, le Cameroun ne disposait plus d’un mécanisme explicite de succession au sommet de l’État.
Jusqu’ici, l’intérim revenait au président du Sénat en cas de vacance du pouvoir. Mais ce dernier ne ...