Au moment où l’État lance le processus de renationalisation de Energy of Cameroun (Eneo), l’entreprise présente un « risque élevé de cessation de paiement ». En fin d’année 2022, son déficit de trésorerie a atteint 113 milliards de FCFA, tandis que sa dette culmine à 700 milliards de FCFA, dont la moitié due aux fournisseurs parmi lesquels des entreprises publiques. Faute d’être payées par l’électricien, ces dernières transfèrent une partie de leurs charges à l’État, exerçant ainsi une pression sur la trésorerie publique. Ce qui menace de dérouter les prévisions budgétaires. Une situation qui devrait se compliquer avec la reprise annoncée d’Eneo par l’État. Comment en est-on arrivé là ? Éléments de réponse…
Dans les documents internes produits ces derniers mois, le ministère de l’Eau et de l’Énergie (Minee) présente la société Eneo comme un risque budgétaire pour l’État du Cameroun. C’est-à-dire que l’électricien est désormais perçu comme « un facteur pouvant entraîner un gap entre les prévisions de recettes ou de dépenses, et leur réalisation effective au cours d’un exercice budgétaire ». En cause, la détérioration de la situation financière de cette entreprise.