A une cinquantaine de kilomètres au nord du barrage hydroélectrique d'Edéa, le barrage de Songloulou sur le fleuve Sanaga, dans le département de la Sanaga-Maritime, peine à fournir ses 384 MW de capacité installée. En cause : la vétusté de cette infrastructure quadragénaire, actuellement en cours de réhabilitation, mais surtout une faible hydrologie que les responsables d’Eneo imputent aux dérèglements climatiques.
Depuis janvier, le niveau de la retenue est trop bas pour permettre une production optimale. Résultat : la centrale, censée fournir 35 % de l’énergie du Réseau interconnecté Sud – qui alimente 7 des 10 régions du pays –, tourne au ralenti. L’énergéticien Eneo qui gère la centrale de Songloulou, explique : « En 2024, nous avons entamé l’année avec un déficit de remplissage des barrages de retenue de l’ordre de 2 milliards de m³, et l’étiage s’est avéré sévère sur la Sanaga ».
Régulation insuffisante des eaux
Conséquence, poursuit Eneo : « Ces deux facteurs ont conduit à une production souvent inférieure aux capacités maximales des trois grandes centrales (Songloulou, Edéa et Nachtigal) ». Or, précise l’entreprise, « ces réservoirs stabilisent les débits, permettant à Songloulou et Edéa de fonctionner à pleine capacité même en saison sèche ».