Un article de Bloomberg sur la performance des obligations camerounaises en dollars s'est transformé, en une semaine, en un procès de solvabilité dans plusieurs médias du pays. Le motif avancé est l'absence prolongée du chef de l'État. Les comptes publiés par la Caisse autonome d'amortissement racontent une histoire plus cohérente et, surtout, plus nuancée que des arguments politiques forcés, à trois mois d'une opération de 690 millions de dollars.
Le 7 août, l'agence Bloomberg a rapporté que les obligations camerounaises libellées en dollars affichaient, depuis la mi-juin, la plus mauvaise performance parmi les émetteurs souverains africains, avec une perte de l'ordre de 2 % pour leurs détenteurs. L'agence d’information a mis côte à côte ce constat et l'absence du président Paul Biya, parti de Yaoundé le 7 juin pour un séjour privé en Europe et non réapparu depuis.
En quelques jours, la reprise camerounaise a déplacé le sujet. Ce qui était une mesure de performance sur huit semaines est devenu, dans plusieurs comptes rendus et sous la plume d'experts consultés localement, la preuve chiffrée que le pays perd la confiance de ses créanciers parce que son président n'est pas sur le territoire. Le glissement est compréhensible : il donne ...